Première intervention de Pierre Pluta devant la stèle en hommage aux victimes de l’amiante

Avant le départ de cette manifestation nationale, nous avons tenu à nous rassembler autour de la stèle dédiée aux victimes de l’amiante.

Cette stèle est implantée au beau milieu de nombreux sites, parmi lesquels, pour ne citer que les principaux : le site portuaire, par lequel transitait une grande partie de l’amiante importée en France, les sites industriels, sidérurgiques, pétrochimiques, la réparation navale et les ex chantiers de constructions navales qui se trouvaient juste à côté.

Comme de nombreuses générations avant nous, nous étions fiers de travailler dans ces sites qui avaient un savoir faire exceptionnel. Malheureusement, comme partout ailleurs, au lieu d’avoir pour priorité la prévention afin de préserver la santé des salariés, c’est l’appât du gain qui a prévalu, brisant nos vies et nos familles, transformant en calvaire ce qui aurait dû être un bonheur à partager avec ceux qui nous sont chers.

L’annonce de la suppression du juge d’instruction par le Président Sarkozy semble vouloir dire aux empoisonneurs responsables de cette catastrophe : dormez sur vos deux oreilles, ne vous inquiétez pas, je veille sur vous.

Nous sommes aujourd’hui à Dunkerque pour dire au Président Sarkozy que ceci n’est pas digne de la République, que jamais nous n’accepterons cette humiliation.

Pour terminer, je reprendrai la phrase inscrite à jamais sur la stèle : nous avons travaillé pour gagner notre vie pas pour la perdre.

Deuxième intervention de Pierre Pluta Place Jean-Bart

Merci d’avoir répondu nombreux à l’appel de l’ANDEVA, merci pour leur présence et leur soutien à nos amis Italiens et Belges, nous étions ensembles à Strasbourg en décembre 2008, nous étions à vos côtés à Turin en avril dernier, et lors de la manifestation à Bruxelles en mai 2006. Nous sommes heureux de pouvoir vous accueillir à Dunkerque aujourd’hui. Merci aussi aux associations Suisse CAOVA et Allemande ABEKRA qui n’ont pas eu la possibilité de faire le déplacement et qui nous ont fait parvenir un mot de soutien. La solidarité européenne des victimes de l’amiante est bien en marche.

Les veuves de notre association étaient 140 lors de la première marche du 15 décembre 2004, elles sont près de 400 aujourd’hui, c’est pour cette raison que 400 fleurs seront déposées maintenant au pied de la stèle par des veuves, des veufs et les victimes qui le souhaitent. Durant cette cérémonie, la complainte du marin sera interprétée à la cornemuse par Dominique, André, Gérald, merci à eux.

Depuis la première marche du 15 décembre 2004, à ce jour 20 juin 2009, la France compte 16900 morts de plus, empoisonnés par l’amiante.

390 personnes ont perdu la vie en France depuis notre marche du 12 mai dernier.

10 personnes mourront aujourd’hui en France, tuées par l’amiante. Les portraits que portent les veuves sont là pour nous rappeler que ça n’arrive pas qu’aux autres.

Il ne s’agit pas de mort naturelle, mais de mort par empoisonnement, ceci dans l’indifférence la plus totale, comme s’il était normal que les ouvriers meurent empoisonnés.

En leur mémoire, en mémoire de toutes celles et ceux qui ont perdu la vie, lâchement empoisonnés en voulant honnêtement la gagner, je vous invite à observer une minute de silence.